Puis-je devenir exorciste ?
- Nicolas
- 12 juil.
- 5 min de lecture
On a tous en tête cette imagerie d'Épinal, un peu poussiéreuse et franchement angoissante, que le cinéma nous a injectée dans les veines : une chambre plongée dans une pénombre glaciale, des draps qui se tordent, un lit qui lévite et un prêtre en sueur hurlant des litanies en latin face à une créature aux yeux révulsés. C’est le folklore de la possession, une mise en scène qui nous arrange bien, au fond, parce qu’elle place le "mal" et sa résolution dans une sphère totalement inaccessible au commun des mortels. Dans ce scénario, l’exorciste est un super-héros en soutane, détenteur d’un secret millénaire, le seul rempart entre nous et le gouffre. Mais si l’on gratte un peu ce vernis hollywoodien, si l’on éteint les projecteurs et qu’on range la soupe aux pois, que reste-t-il ? Il reste une fonction humaine, vitale, presque physiologique, qui a été confisquée par le dogme alors qu’elle appartient au patrimoine génétique de chaque individu.

Est-ce que tout le monde peut devenir exorciste ?
Dire que tout le monde peut devenir exorciste, ce n’est pas faire l’apologie de l’occultisme de comptoir, c’est simplement rappeler une vérité que notre société moderne a tenté de nous faire oublier : nous sommes les seuls maîtres légitimes de notre espace intérieur. L'exorcisme, dépouillé de son apparat religieux, c'est l'acte de reprendre possession de soi-même. C'est le grand ménage de printemps de l'âme. Et personne n'a besoin d'une permission officielle ou d'un grimoire pour savoir quand sa propre maison est envahie par des squatters, qu’ils soient des pensées parasites, des traumatismes qui ne nous appartiennent plus, ou ces énergies lourdes que l’on ramasse parfois sans le vouloir dans le tumulte du monde.
La souveraineté de l'être : pourquoi votre maison vous appartient
Imaginez un instant que votre esprit, votre corps et ce que certains appellent votre âme forment une demeure. Une maison avec ses portes, ses fenêtres, ses couloirs secrets. Normalement, vous en êtes l’hôte souverain. C’est vous qui décidez qui entre, qui sort, et quelle ambiance règne dans le salon. Mais la vie est ainsi faite qu'on laisse parfois les portes grandes ouvertes. Un deuil mal vécu, une colère noire qui s'installe, une addiction qui prend ses quartiers, ou même simplement la négativité ambiante d'une époque saturée d'angoisse... et voilà que des invités non désirés s'installent. Ils ne sont pas forcément des démons cornus sortis des enfers de Dante ; ils sont des "fréquences" dissonantes qui mangent votre lumière, qui occupent votre espace et qui finissent par parler à votre place. L'exorcisme, c'est le moment où l'hôte se lève, tape du poing sur la table et dit : « Ça suffit, vous n'êtes pas chez vous. Sortez. »
Pourquoi tout le monde peut-il faire ça ? Parce que l'autorité est une question de droit de propriété, pas de puissance musculaire. Un petit propriétaire de cinquante kilos a parfaitement le droit de mettre à la porte un colosse qui s'est incrusté dans son salon. Ce n'est pas une question de force, c'est une question de légitimité. Dans l'univers invisible, c'est la même chose. Votre volonté est la loi suprême sur votre territoire personnel. Le problème, c'est qu'on nous a appris à être des locataires passifs de nous-mêmes. On nous a dit que nos émotions nous "tombaient" dessus, que nos pensées étaient autonomes, que nous étions les victimes de nos névroses. Devenir exorciste, c'est inverser la vapeur. C'est comprendre que si vous pouvez "sentir" une oppression, c'est que vous êtes plus grand qu'elle. On ne peut observer que ce qui nous est extérieur. Si vous voyez l'ombre, c'est que vous n'êtes pas l'ombre. Elle nécessite toutefois une formation spécifique comme la formation exorciste proposée par notre centre de formation de l'Ermitage.
Cette capacité de discernement est universelle. Vous n'avez pas besoin de maîtriser le latin pour sentir qu'une pièce est "chargée" après une dispute, ou que la présence d'une certaine personne vous vide de votre énergie. Votre corps est un radar ultra-sensible. Il capte les ondes, les vibrations, les densités. Ce "sixième sens" n'est pas un don mystique, c'est une fonction biologique de survie. L'exorciste de demain n'est pas un élu des cieux, c'est un être humain qui a simplement décidé de faire confiance à ses tripes et de ne plus laisser n'importe quoi s'installer dans son champ vibratoire. C’est quelqu’un qui a compris que la peur est le carburant de tout parasite, et que la lucidité est son pire poison.
L'autorité du cœur : l'art de remettre l'ombre à sa place
Le véritable outil de l'exorciste, ce n'est pas la croix en argent ou l'eau bénite, c'est l'alignement. L'alignement, c'est quand ce que vous pensez, ce que vous dites et ce que vous vibrez ne font qu'un. Quand un être humain parle depuis son centre, avec une intention pure et une absence totale de doute, ses paroles "pèsent" littéralement dans l'invisible. Elles créent une onde de choc qui rétablit l'ordre là où il y avait du chaos. C'est ce qu'on appelait autrefois le "Verbe". Et ce Verbe, il n'est pas réservé aux prêtres. Il appartient à quiconque a le courage d'être vrai. L’ombre ne supporte pas la vérité ; elle ne survit que dans les recoins, les non-dits et les faux-semblants. En étant radicalement honnête avec vous-même, vous pratiquez déjà un exorcisme permanent.
Il y a cependant un piège, un gouffre dans lequel beaucoup tombent : celui de l'ego. Beaucoup de gens qui s'intéressent à ces sujets finissent par se prendre pour des guerriers de lumière en croisade contre les forces du mal. C'est le meilleur moyen de se faire posséder par sa propre importance. Le véritable exorciste est un être d'une humilité désarmante. Il sait qu'il n'est qu'un canal. Il ne "combat" pas l'ombre, car combattre quelque chose, c'est lui donner de l'importance, c'est le nourrir de son attention. L'exorciste, lui, se contente de témoigner de la Lumière. Il ouvre les fenêtres. Il n'essaie pas de chasser l'obscurité avec un balai, il allume simplement la lampe. C'est cette simplicité qui rend la pratique accessible à tous. Si vous savez rester calme alors que tout le monde panique, si vous savez poser un regard plein de compassion sur quelqu'un qui hurle sa souffrance sans vous laisser happer par sa colère, vous faites le travail.
Nous vivons dans un monde qui est, d’une certaine manière, "possédé" à l’échelle industrielle. On est possédés par nos écrans, par des algorithmes qui dictent nos envies, par des peurs collectives injectées en continu. Nos sociétés sont saturées de formes-pensées qui nous asservissent. Devenir exorciste aujourd'hui, c'est un acte de résistance citoyenne et spirituelle. C'est apprendre à débrancher les prises. C'est dire "non" à ce qui nous diminue. C'est une éthique de vie. Et c'est en cela que c'est profondément humain : cela demande du courage, de la discipline et, par-dessus tout, un amour immense pour la vie. Parce qu'au bout du compte, on n'exorcise pas par haine de l'ombre, mais par amour pour la beauté de ce que nous sommes censés être : des êtres libres, rayonnants et souverains.
Vos mains ont le pouvoir de calmer une tempête intérieure, votre voix a le pouvoir de nommer ce qui se cache et de le forcer à s'évanouir, et votre présence seule peut devenir un sanctuaire où rien de toxique ne peut survivre. C’est votre héritage. C’est votre nature. L’époque des intermédiaires en soutane est terminée ; l’heure est venue pour chacun de reprendre ses clés, de redresser les épaules et de se souvenir que, dans le royaume de notre propre conscience, nous sommes la seule et unique autorité. Et cette autorité, elle ne s'apprend pas dans les livres, elle se redécouvre dans le silence de son propre cœur, là où aucune ombre, aussi ancienne soit-elle, n'a jamais pu éteindre la petite flamme de qui nous sommes vraiment.
Au quotidien, est-ce que vous ressentez parfois une "lourdeur" extérieure qui semble s'inviter chez vous sans votre accord ?



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